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 Il faut se rappeler qu'en 1914, à la déclaration de guerre, l'Alsace est intégrée à l'Empire allemand depuis 1871.  Les crêtes vosgiennes vont être largement franchies par les troupes françaises et bientôt, le front va se stabiliser sur le versant Est (allemand) du massif qui va abriter les seuls champs de bataille de montagne du front franco-allemand. Les troupes françaises sont donc sur ce seul endroit du front franco-allemand en position d'envahisseur puisqu'elles y combattront en territoire ennemi, ce qui ajoutera un handicap  supplémentaire aux déjà très dures conditions des combats en montagne. Des nombreux sites ayant subi ces furieux combats de montagne, rares sont ceux qui seront préservés à l'issue du conflit :  Le Linge, l'Hartmannswillerkopf et la Tête des faux
Le site classé qui est visible aujourd'hui au Linge ne représente qu'une petite partie de ce champ de bataille qui s'étirait sur 2300 mètres de la crête du Linge aux sommets des Schratzmaennele et du Barrenkopf, dont quelques restes émergent encore ci et là hors du site préservé.
 
 Cette crête secondaire prendra donc presque par hasard une importance stratégique après la stabilisation du front en septembre 1914, donnant aux allemands qui la tenaient une vue imprenable sur les arrières français, la vallée de Munster et le val d'Orbey. D'un lieu paisible, sans histoire et vierge de toute construction, elle deviendra une position de défense très bien préparée par les unités allemandes. Son état de conservation permet encore aujourd'hui de mesurer l'extrême complexité de l'impossible mission confiée aux Chasseurs Alpins pour franchir cet obstacle quasiment imprenable.