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 Le champ de bataille

  1. Présentation
  2. Aujourd'hui
  3. 1914-1915
  4. 1916-1918
  5. De l'oubli à la lumière
  6. En détails

Le Linge (Lingekopf) est un des champs de bataille qui ont tristement

endeuillé le massif des Vosges pendant la Première Guerre mondiale.


Il faut se rappeler qu'en 1914, à la déclaration de guerre, l'Alsace est intégrée à l'Empire allemand depuis 1871. La frontière proche de Pfetterhouse rejoint les crêtes vosgiennes au Ballon d'Alsace jusqu'au nord de Ste Marie aux Mines, avant de s'enfoncer vers le nord-ouest.

Ces crêtes vont être largement franchies par les troupes françaises qui atteindront la plaine en août 1914. Mais, pressé par l'invasion par la frontière belge, le GQG va leur faire opérer un rapide mouvement de repli pour consolider la défense en Champagne, stabilisant le front sur le versant Est (allemand) du massif qui va bientôt abriter les seuls champs de bataille de montagne du front franco-allemand. Les troupes françaises sont donc sur ce seul endroit du front franco-allemand en position d'envahisseur puisqu'elles y combattront en territoire ennemi, ce qui ajoutera un handicap  supplémentaire aux déjà très dures conditions des combats en montagne.

Des nombreux sites ayant subi ces furieux combats de montagne, seuls deux ont été préservés à l'issue du conflit :
Le Linge et l'Hartmannswillerkopf.

Le site classé qui est visible aujourd'hui au Linge ne représente qu'une petite partie de ce champ de bataille qui s'étirait sur 2300 mètres de la crête du Linge aux sommets des Schratzmaennele, Barrenkopf et Kleinkopf et dont quelques restes émergent encore ça et là hors du site préservé.

Cette crête secondaire prendra donc presque par hasard une importance stratégique après la stabilisation du front en septembre 1914, donnant aux allemands qui la tenaient une vue imprenable sur les arrières français, la vallée de Munster et le val d'Orbey. D'un lieu paisible, sans histoire et vierge de toute construction, elle deviendra une position de défense très bien préparée par les sapeurs allemands.
Son état de conservation permet encore aujourd'hui de mesurer l'extrême complexité de l'impossible mission confiée aux Chasseurs Alpins pour franchir cet obstacle quasiment imprenable.

Le champ de bataille que vous parcourez aujourd'hui est le témoin vivant de cette page d'Histoire qui s'est déroulée ici pendant presque 4 ans.

Mais ce témoin, s'il est prenant et extrêmement démonstratif quant à l'extrême difficulté pour les attaquants d'investir le lieu, n'est qu'un petit reste de ce champ de bataille qui s'étendait sur 2300 mètres, entre l'éperon Nord de la crête du Linge et le Kleinkopf au Sud, en passant successivement par le Schratzmaenelle et le Baerenkopf. 
En effet, après la Grande Guerre, décision fut prise de rendre à l'exploitation et la vie civile la plus grande partie de ce Champ de bataille, ne conservant que la crête du Linge (Lingekopf) qui sera classée.

D'autre part, l'organisation et le tracé des défenses allemandes ont été profondément remaniés à la suite et à la lumière des terribles combats de l'été 1915 pour renforcer les points faibles puis ensuite s'adapter aux nouvelles doctrines d'emploi du site.

Vous cheminez donc aujourd'hui dans ce champ de bataille dans son état "fin de guerre" et certains endroits, en ne reflétant plus la réalité des combats d'alors, peuvent vous paraître incroyablement proches et en tout cas beaucoup plus qu'ils ne l'étaient effectivement en 1915.

Un peu d'histoire.

Rappelons nous que nous sommes en Allemagne puisque l'Alsace et une partie de la Moselle constituent le Reischland Elsass-Lothringen depuis 1871.

Point de passage d'une crête secondaire sans histoire, le Linge (Leinge) est un lieu de promenade parmi d'autres, fait de forêt dense et de sentiers, sans aucune construction.
A l'été 1914, après la déclaration de guerre, personne ne prête vraiment attention à ce lieu que rien ne prédestine à son futur proche et qui est à peine occupé temporairement par quelques soldats.

C'est à l'automne 1914, après le repli des troupes françaises, que le commandement allemand qui tient cette crête entreprend de l'aménager en un point de défense majeur.
Alors qu'en d'autres lieux proches la bataille fait déjà rage (Tête des Faux, Metzéral, Reischakerkopf, etc)), un hiver particulièrement long et rude retarde le plan français d'attaque de cette position tout en permettant aux troupes et sapeurs allemands de continuer à en renforcer la structure en prenant bien soin de conserver au maximum le masque naturel de la forêt contre toute véléité de repérage.

Ainsi, quand l'assaut est enfin lancée par l'Etat-Major français sous le soleil de plomb du mois de juillet 1915, les Chasseurs français vont découvrir toute l'étendue d'une position inexpugnable à peine égratignée par une artillerie lourde française en limite de portée.

Les terribles combats de l'été ayant cessé avec l'arrivée de l'hiver ont laissé derrière eux un champ de bataille profondément mutilé et labouré par des échanges d'artillerie de tous calibres.

Ils ont aussi éliminé un nombre considérable de soldats de chaque côté, qu'ils soient blessés, morts ou disparus jamais retrouvés, enfouis ou pulvérisés par la mitraille et les explosions.

Craignant une nouvelle attaque d'envergure, l'Etat Major allemand va remanier le champ de bataille à la lumière de ses faiblesses avérées en modifiant profondément son organisation.

Puis, la doctrine de combat changeant va encore amener son lot d'aménagement ou abandon de positions.

Mais alors que les combats se déplacent sur d'autres sites sans perdre en intensité, ils ne reprendront plus ici que sous la forme de coups de mains sporadiques et d'échanges d'artillerie de faible importance, le Commandement français considérant alors ce lieu comme un secteur de moindre importance.

Novembre 1918, l'Armistice sonne la fin de cette terrible guerre dans laquelle des millions d'hommes auront perdu la vie et énormément d'autres auront perdu qui la raison, qui un membre ou auront été défigurés (les gueules cassées).

Souhaitant tourner cette page sanglante et la renvoyer à l'Histoire, la France voudra très vite faire disparaître la plus grande partie des traces de ces combats, ne classant site historique que la crête du Linge et l'Hartmannswillerkopf alors que d'autres sites seront tout simplement abandonnés avec leurs nombreux vestiges (Tête des Faux, Violu, ...).

Déminage, nettoyage, comblement des tranchées, reboisement vont tenter de redonner à ces terrains abreuvés de sang une allure naturelle dans les années après guerre.

Ainsi, petit à petit, à partir de 1919, le Linge s'endormira, tombera dans l'oubli, la nature reprendra ses droits et les vestiges seront peu à peu recouverts pour presque disparaître totalement à l'ombre de la frondaison.

Triste destin que celui d'une terre qui aura vu se déchaîner la pire des violences pendant 3 mois en s'abreuvant du sang de tant de soldats pour tomber ensuite sous la chape de plomb de l'oubli et que même la 2e guerre mondiale évitera

Triste destin que celui de cette terre à qui on refusera le souvenir des nombreux soldats français et allemands dont les restes reposent encore en son sein et dont certains camarades rescapés tentent de retrouver trace lors d'un pélerinage sur ce site.

Triste destin que celui de cette terre tout juste bonne à accueillir les ordures, dépôts sauvages et huiles de vidange des habitants du voisinage bien peu reconnaissants de ce sacrifice.

48 ans.

48 ans auront passé depuis la fin du conflit, laissant le sang sécher et la mémoire s'éclipser dans l'oubli et l'anonymat le plus total.

48 ans avant que le hasard (ou le destin ? ) ne réunisse sur cette terre un vétéran français de ces combats, brisé par l'oubli dans lequel sont tombés ses camarades et un historien colmarien toujours prêt à combattre l'injustice.

48 ans avant que les consciences s'éveillent enfin après cette rencontre fortuite, nous sommes en 1967.

1968, un printemps historique se prépare qui verra naître de profonds changements dans la société.

Mais ce printemps va dans un tout autre domaine voir la renaissance presque miraculeuse de ce site historique qui va prendre une revanche sur l'oubli en devenant petit à petit un témoin majeur de cette histoire méconnue des combats des Vosges alors que s'annonce le cinquantenaire de la fin de cette tragique "der des der".

Il faudra le courage et la pugnacité d'une bande de copains qui va se donner pour mission de redonner à ce lieu et à ces valeureux combattants tout l'honneur et toute la reconnaissance qu'ils méritent malgré la réticence des autorités

Bientôt rejoints par l'Armée et des dizaines de bras volontaires, ils vont nettoyer, débroussailler, couper des arbres, dégager des tranchées quasi invisibles, découvrir des quantités impressionnantes de matériel et de munitions, retrouver les restes de soldats à qui les honneurs seront enfin rendus dans la solennité et pour certains en présence de leur famille ... 50 ans plus tard.

Ces précurseurs nous ont aujourd'hui presque tous quittés, mais ils ont transmis le flambeau qui depuis 50 ans maintenant anime une association de bénévoles qui année après année, fait revivre ce site à travers l'engagement salutaire de nouveaux membres.

Regroupant d'abord quelques souvenirs dans une cabane en bois, l'association construira un petit musée-mémorial qu'elle a su faire vivre puis agrandir au fur et à mesure pour en développer sa mission de transmission de la mémoire vers les plus jeunes en expliquant aujourd'hui dans le détail pourquoi et comment se sont déroulés ces combats et leurs conséquences à tous niveaux.

Cent ans ont maintenant passé, les témoins direct nous ont quitté, le site et le musée sont maintenant en pleine lumière, connus et reconnus.
Ils vont doucement passer de la transmission de la Mémoire à l'explication de l'Histoire à travers une exposition toujours renouvelée et enrichie de nouveaux moyens afin que cette lumière ne s'éteigne pas !

Conception et organisation